22 10 2014

Le képi-polo du capitaine Louis Frélaut : une coiffe caractéristique des officiers en août 1914

Au début de la Première Guerre mondiale, en août 1914, le 140e régiment d’infanterie est envoyé dans les Vosges. Régiment semi-alpin basé à Grenoble, il se compose de quatre bataillons comptant de nombreux montagnards spécialisés dans la reconnaissance en haute-montagne.

14 552139 300x225 Le képi polo du capitaine Louis Frélaut : une coiffe caractéristique des officiers en août 1914

Dès le 8 août 1914, le régiment se concentre au col des Bas-Genelles, tandis que le 1er bataillon se positionne, dès le 13 août, au col de Sainte-Marie-aux-Mines, à la frontière franco-allemande. Le capitaine Louis Frélaut, affecté à ce bataillon, est atteint d’un éclat d’obus le 15 août et décède le lendemain à l’âge de 42 ans. Il est le premier officier du 140e régiment d’infanterie mort pour la France.

14 553480 225x300 Le képi polo du capitaine Louis Frélaut : une coiffe caractéristique des officiers en août 1914

Son képi, dit képi-polo, conservé dans les réserves du musée de l’Armée, est caractéristique de la coiffe des officiers en août 1914. Le terme « polo » désigne, au début du XXe siècle, les chapeaux des joueurs de polo ainsi qu’ une coiffe de femme qui ne comporte pas de bords. Ce terme a vraisemblablement été repris pour le képi dit « polo », contemporain de ces coiffures et présentant les mêmes caractéristiques. Son emploi apparaît dans l’armée au milieu du XIXe siècle. Considéré comme pratique et léger, ce modèle se généralise à partir de 1880 et, à la déclaration de la guerre en 1914, fait partie de l’uniforme de l’infanterie de ligne.

Malgré les tentatives, restées infructueuses, d’adopter des couleurs moins voyantes, le képi d’officier d’infanterie se compose de deux bandeaux de draps : l’un bleu marine renvoyant à la couleur de la veste, l’autre de ton garance en référence au pantalon. Le corps d’officier est symbolisé par le nœud hongrois apposé sur le calot et les galons dorés marquent le grade, ici trois pour le capitaine Frélaut. Le numéro du régiment, réalisé en cannetille, est brodé sur le devant.

Cette coiffe se distingue du képi-foulard, utilisé entre 1885 et 1910, dont le calot était plus ample que celui du képi-polo, lequel présente une forme plus cylindrique et rigide. Le trou provoqué par l’éclat d’obus qui a coûté la vie au capitaine Frélaut, est bien visible et symbolise la violence des premiers mois du conflit, qui sont parmi les plus meurtriers. Cela conduit à adapter l’équipement militaire en général, la défense de tête en particulier. Ainsi, dès 1915, le képi n’est plus utilisé pour le combat au profit du casque en métal Adrian qui assure une meilleure protection.
Clotilde Forest
Documentaliste
Département expert et inventaire