29 04 2015

Sur les traces d’un as de la Grande Guerre, le récolement au musée de l’Air et de l’Espace

Le récolement décennal des collections permet de se confronter dans certaines occasions à des objets que l’on ne s’attend pas à trouver dans une institution comme le musée de l’Armée, qui conserve pour l’essentiel des pièces liées à l’histoire de l’armée de Terre française. En octobre dernier, une équipe du musée de l’Armée a ainsi récolé un avion datant de la Première Guerre mondiale.

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Il s’agit d’un appareil de type Spad VII, baptisé Le Vieux Charles et qui fut piloté par le capitaine Georges Guynemer (1894-1917). Figure marquante de l’histoire de l’aviation française et de la Première Guerre mondiale, as aux 53 victoires homologuées, Guynemer s’engage en 1914 et obtient son brevet de pilote en mars 1915.

L’appareil, aujourd’hui présenté dans les salles du musée de l’Air et de l’Espace au Bourget, est l’un des rares parmi ceux pilotés par Guynemer à être aujourd’hui exposé dans une institution muséale. L’avion porte l’emblème de l’escadrille n°3, dite escadrille des Cigognes, à laquelle Guynemer appartenait, ainsi que le numéro 2, qui le distinguait des autres membres de sa formation, chaque pilote ayant son numéro personnel. La plupart des pièces de cet avion appartiennent à la série S 254 et ont été produites entre 1916 et 1917 par les établissements Blériot.

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Guynemer pilote ce Spad VII de février à juillet 1917 et obtient à son bord 16 victoires homologuées en l’espace de six mois, ce qui est considérable, puisque la durée de vie des appareils est à l’époque limitée de 3 et 18 mois. Guynemer ayant par ailleurs un style de pilotage plus « agressif » comparé à d’autres as de la Première Guerre mondiale, tel René Fonck (1894-1953), il a ainsi endommagé nombre d’appareils. Cet avion n’est pas le dernier qu’il a piloté : celui aux commandes duquel il a trouvé la mort en septembre 1917 dans les Flandres a en effet été détruit.

Après la disparition de Guynemer, cet avion est affecté aux collections du musée de l’Armée et exposé en l’Hôtel des Invalides, avant d’être déposé auprès du musée de l’Air et de l’Espace en 1967. Il a été restauré à la fin des années 1990 avec le double souci de respecter l’objet et son intégrité d’une part, d’utiliser des procédés réversibles d’autre part.

Dès lors, récoler une telle pièce demande une méthode adaptée : outre la difficulté de réaliser des clichés, les vérifications des inscriptions et marques figurant sur l’objet sont parfois acrobatiques, sans compter le marquage du numéro d’inventaire et de la provenance, qui doit prendre en compte la fragilité de la pièce et rester discret. Une expérience de « haute voltige » dans la vie d’un agent récoleur !

Mathilde Benoistel
Département experts et inventaire

En complément, vous pouvez également consulter l’épisode 21, Le « Vieux Charles », du feuilleton Les Invalides dans la Grande Guerre, publié sur le blog des actualités du site du musée de l’Armée.

Crédits photos : © Paris – Musée de l’Armée, Dist. RMN-Grand Palais.