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	<title>Le blog des collectionsAlgérie - Le blog des collections</title>
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		<title>Uniforme de grande tenue de service de brigadier fourrier du 1er régiment de spahis algériens</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jul 2018 12:19:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ravith</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La mission de récolement des hauts d’uniformes contemporains a permis de recenser de nombreux objets appartenant aux régiments de cavalerie de l’armée d’Afrique, les spahis. Ces ensembles permettent de présenter des uniformes complets et variés quel que soit le grade, le contexte ou l’époque. L’uniforme de grande tenue de ce brigadier fourrier du 1er régiment [&hellip;]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>La mission de récolement des hauts d’uniformes contemporains a permis de recenser de nombreux objets appartenant aux régiments de cavalerie de l’armée d’Afrique, les spahis. Ces ensembles permettent de présenter des uniformes complets et variés quel que soit le grade, le contexte ou l’époque. L’uniforme de grande tenue de ce brigadier fourrier du 1er régiment de spahis algériens nous montre l’aspect traditionnel de ce régiment de cavalerie, fixé dans le règlement de 1858, et qui resta inchangé jusqu&rsquo;au début de la Grande Guerre[1].</strong></p>
<p style="text-align: center"><a href="https://collections.musee-armee.fr/files/2018/07/11-564082.jpg" target="_blank" rel="attachment wp-att-3373"><img loading="lazy" class="aligncenter wp-image-3373" src="https://collections.musee-armee.fr/files/2018/07/11-564082-225x300.jpg" alt="11-564082" width="180" height="240" srcset="https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2018/07/11-564082-225x300.jpg 225w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2018/07/11-564082-90x120.jpg 90w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2018/07/11-564082.jpg 599w" sizes="(max-width: 180px) 100vw, 180px" /></a></p>
<p style="text-align: center;font-size: 10px"><b>Photo © Paris &#8211; Musée de l&rsquo;Armée, Dist. RMN &#8211; Grand Palais / Christophe Chavan</b></p>
<p style="text-align: justify">Les spahis sont liés à l’histoire de l’armée d’Afrique[2]. Le 7 février 1830, le gouvernement de Charles X décide d’une expédition militaire à Alger afin d’endiguer la piraterie qui sévit en Méditerranée. L’armée d’Afrique, créée par ordonnance le 6 juin 1830, est le corps expéditionnaire de 37 000 hommes, essentiellement issus de la Métropole, désigné pour débarquer sur les côtes algériennes le 14 juin. L’expédition est un succès militaire : Alger et ses forts environnants sont rapidement conquis. Mais les troubles politiques internes à la France en 1830, qui instaurèrent la Monarchie de Juillet, contraignent le rapatriement d’une partie du corps. Restent ainsi 11 000 hommes sur place pour préserver les conquêtes et lutter contre les pressions des trois beys[3] voisins. Afin de combler ce vide, le général de Bourmont[4] et son successeur le général Clauzel[5], entament des recrutements d’unités indigènes issues des ethnies locales. En dix ans, l’armée d’Afrique s’agrandit en formant des bataillons de zouaves, de chasseurs, de légionnaires, de tirailleurs et bien entendu de spahis[6] incorporant au passage des Français issus de la Métropole. Plusieurs régiments de spahis sont ainsi créés : un régiment algérien en 1832, un régiment tunisien en 1886 puis un régiment marocain en 1912. Ce corps d’armée fut présent sur tous les théâtres d’opération sur lesquels l’armée française combattit. Les spahis firent leurs armes durant la conquête de l’Algérie, participèrent aux guerres coloniales et aux missions de pacification dans l’Empire et assurèrent la défense de la Métropole par trois fois (durant la guerre de 1870, la Première et la Seconde Guerre mondiale). Leurs derniers faits d’armes furent les guerres en Indochine et en Algérie. Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, les régiments de spahis ont tous été dissous. Ne subsiste qu’un seul régiment, encore en activité, basé à Valence.</p>
<p style="text-align: justify">Le règlement de 1858 nous donne une description précise de la composition de l’uniforme et celui du brigadier présent ici en respecte la composition. La veste (bedaïa), de forme arabe, est en drap garance, avec sur le devant, et délimitant les rebords du col et de l’habit, des tresses plates noires à soutaches à fleurons[7]. La tresse entoure le tombô qui correspond à la pièce de velours garance de forme ovale présente sur le devant et qui stipule le numéro de régiment du spahi[8]. Placés en pointe sur les manches, les galons en laine jonquille façon cul de dé indiquent le grade de brigadier[9], tandis que les galons en or, ou dits à lézardes, placés sur le haut des manches renseignent sa fonction, celle de fourrier[10]. Un parement bleu de ciel aux emmanchures ainsi qu’une fente fermant par neuf boutons en cuivre viennent compléter la décoration des manches. On remarque surtout l’abondance de riches décorations avec les tresses noires, les soutaches à fleurons et les motifs dans le dos. Ceci est une fantaisie du propriétaire voulant paraître tel un sous-officier et cherchant à coller au mieux au goût oriental[11]. Une médaille coloniale avec la mention « Maroc » est agrafée sur la veste. Elle marque la participation de ce spahi à des opérations militaires dans les colonies et en particulier au Maroc. Sous la veste, le spahi porte un gilet en drap bleu de ciel avec une tresse et des soutaches noires sur le devant.</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td><a href="https://collections.musee-armee.fr/files/2018/07/18-516184.jpg" target="_blank" rel="attachment wp-att-3164"><img loading="lazy" class="aligncenter wp-image-3371" src="https://collections.musee-armee.fr/files/2018/07/18-516184-225x300.jpg" alt="" width="180" height="240" srcset="https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2018/07/18-516184-225x300.jpg 225w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2018/07/18-516184-90x120.jpg 90w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2018/07/18-516184.jpg 601w" sizes="(max-width: 180px) 100vw, 180px" /></a></td>
<td><a href="https://collections.musee-armee.fr/files/2018/07/18-516185.jpg" target="_blank" rel="attachment wp-att-3163"><img loading="lazy" class="aligncenter wp-image-3372" src="https://collections.musee-armee.fr/files/2018/07/18-516185-225x300.jpg" alt="" width="180" height="240" srcset="https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2018/07/18-516185-225x300.jpg 225w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2018/07/18-516185-90x120.jpg 90w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2018/07/18-516185.jpg 601w" sizes="(max-width: 180px) 100vw, 180px" /></a></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: center;font-size: 10px"><b>Photos © Paris &#8211; Musée de l&rsquo;Armée, Dist. RMN &#8211; Grand Palais / Emilie Cambier</b></p>
<p style="text-align: justify">Une ceinture en laine cramoisie maintient le gilet et le pantalon. Ce dernier (séroual), dit « à l’orientale », en drap bleu de ciel présente une forme très large due aux trente-deux plis au niveau de la ceinture permettant le maintien de l’habit sur les hanches[12]. Il comporte aussi de riches décorations en tresse noire au niveau des poches. Les burnous sont les grandes capes en drap de laine composées d’un corps et d’une large capuche. Sur le burnous garance[13], une pièce de couleur se trouvant au niveau de la poitrine mentionne le régiment. Il est complété d’une tresse noire sur le rebord. Au-dessous, un burnous en drap de laine blanc forme la doublure[14]. Le règlement stipule aussi le port de la chéchia en laine feutrée garance. La chéchia sans gland ni houppette est pour les indigènes tandis que celle présentée, avec un gland en soie bleue, est destinée aux Français. On trouve aussi d’autres distinctions entre métropolitains engagés et indigènes, ces derniers adoptent avec affection la coiffe appelé guennour[15]. L’uniforme des officiers est aussi différent. La veste est remplacée par une tunique garance, un pantalon large et un képi.</p>
<p style="text-align: justify">Jusqu’en 1914, l’uniforme change très peu ; seules quelques modifications au niveau des équipements en cuir et la suppression du haick, une longue bande d’étoffe blanche dont le milieu recouvre le guenhour ou la chéchia, sont à noter. Au début de la Première Guerre mondiale, l’uniforme montre ses limites dans cette nouvelle guerre moderne. Rapidement, l’uniforme chatoyant est laissé au profit de la vareuse, d’un pantalon et de la gandourah[16] kaki afin de mieux s’adapter aux conditions de la guerre de tranchée. Seul le burnous persiste en tant qu’habit d’hiver ou lors de cérémonies en grande tenue. La tenue à l’orientale des spahis est rétablie de manière éphémère en 1919-1921 puis de façon définitive le 15 novembre 1927 comme tenue de sortie, mais uniquement pour les militaires de carrière, avant d’être étendue à l’ensemble des effectifs français et indigènes en juin 1939.</p>
<p style="text-align: justify">Quentin POULET, Département Experts et Inventaire</p>
<p style="text-align: justify">[1] Uniforme de brigadier fourrier européen du 1er régiment de spahis algériens, grande tenue de service, 1910, musée de l’Armée, n° inv. Ga 322<br />
[2] Collectif, catalogue d’exposition. <em>Les spahis. Cavaliers de l’armée d’Afrique.</em> Paris, Musée de l’Armée, 1997<br />
[3] Titre turc qui signifie « seigneur » porté par les souverains vassaux du sultan.<br />
[4] Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont (1773 – 1846), général en chef du corps expéditionnaire en Algérie en 1830.<br />
[5] Bertrand Clauzel (1772 – 1842), général en chef des troupes en Algérie (1830 – 1831)<br />
[6] Le mot spahi a plusieurs significations suivant les langues. Il peut signifier un « soldat » en indo-persan, une « armée » en persan ou un « soldat monté » en turc.<br />
[7] Veste (boléro) et gilet de brigadier fourrier du 1er régiment de spahis algériens – Modèle 1858, musée de l’Armée, n° inv. 21150 ; 21150.1<br />
[8] Le tombô garance correspond au 1er régiment de spahis. Le blanc au second, la jonquille au troisième et le bleu de ciel au quatrième. Ces attributions de couleurs deviennent officielles en 1885.<br />
[9] Les galons pour les sous-officiers et officiers sont en or, façon dite à lézardes.<br />
[10] Le fourrier est le responsable de l’intendance.<br />
[11] MIROUZE Laurent, DEKERLE Stéphane. <em>L’Armée française dans la Première Guerre Mondiale</em>, Tome 1. Verlag Militaria, Edition Stefan Rest, 2007. Vienne Autriche. p.395<br />
[12] Ibid p. 402 – 403<br />
[13] Le burnous des spahis marocains est bleu.<br />
[14] MIROUZE Laurent, DEKERLE Stéphane. <em>L’Armée française dans la Première Guerre Mondiale</em>, Tome 1. Verlag Militaria, Edition Stefan Rest, 2007. Vienne Autriche. p.399-401<br />
[15] Coiffure traditionnelle algérienne en forme de dôme recouvert d’un chèche et maintenu par une corde en laine de chameau.<br />
[16] Survêtement de toile de coton, sorte de longue chemise de couleur sable qui descend jusqu’à mi-mollet.</p><p>The post <a href="https://collections.musee-armee.fr/uniforme-de-grande-tenue-de-service-de-brigadier-fourrier-du-1er-regiment-de-spahis-algeriens/">Uniforme de grande tenue de service de brigadier fourrier du 1er régiment de spahis algériens</a> first appeared on <a href="https://collections.musee-armee.fr">Le blog des collections</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Acquisition : photographies inédites de l’Algérie sous le Second Empire (séisme de Djidjelli, 1856)</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Nov 2017 10:26:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ravith</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 21 aout 1856, l’un des plus forts séismes jamais ressenti sur les côtes d’Afrique du Nord ruine la presque totalité de la ville de Djidjelli (aujourd’hui Jijel) au nord-ouest d’Alger. Aucune archive photographique n’avait été retrouvée pour témoigner de cet épisode jusqu’à l’apparition sur le marché de l’art d’un ensemble de quarante-trois tirages photographiques, [&hellip;]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 21 aout 1856, l</strong><strong>’</strong><strong>un des plus forts séismes jamais ressenti sur les c</strong><strong>ô</strong><strong>tes d</strong><strong>’</strong><strong>Afrique du Nord ruine la presque totalité de la ville de Djidjelli (aujourd</strong><strong>’</strong><strong>hui Jijel) au nord-ouest d</strong><strong>’</strong><strong>Alger. Aucune archive photographique n</strong><strong>’</strong><strong>avait é</strong><strong>t</strong><strong>é retrouvée pour témoigner de cet épisode </strong><strong>jusqu’à l’apparition sur le marché de l’art d’un ensemble de quarante-trois tirages photographiques, réalisés entre janvier 1856 et 1857, acquis par le musée de l’Armée en 2015. Ce corpus anonyme rapporte l’évolution architecturale de la ville et le r</strong><strong>ôle </strong><strong>assumé par le génie militaire dans sa reconstruction.</strong></p>
<p>Chose rare, on retrouve dans cet ensemble les premières photographies de rues identifiées en Algérie pour les années 1850-1860. Temps de pose oblige, ce type de sujet  est à cette époque peu pratiqué. Dans <em>L’</em><em>Algérie photographié</em><em>e</em> de Moulin[1], les vues extérieures ne témoignent jamais de présence humaine et les nombreux portraits de généraux, lieutenants et autres personnalités influentes locales s’exécutent toujours en huis clos, dans une cour intérieure, un bureau arabe, voire une école. S’agissant des tirages de Djidjelli, les portraits sont quasi-systématiquement réalisés en extérieur et insistent particulièrement sur la cohabitation pacifique entre l’armée et la population locale. Le (ou les) photographe(s) reprodui(sen)t ainsi à plusieurs reprises des scènes d’entente cordiale (poignées de mains entre gradés et chefs de tribus, soldats marchant seuls dans les ruelles, etc.) dont la spontanéité apparente mérite d’être questionnée.</p>
<p style="text-align: center"><a href="https://collections.musee-armee.fr/files/2017/10/2015.6.32.jpg" target="_blank" rel="attachment wp-att-3189"><img loading="lazy" class="aligncenter wp-image-3189 size-medium" src="https://collections.musee-armee.fr/files/2017/10/2015.6.32-300x194.jpg" alt="Djidjelli : Belkassem (ben Menia ?) bel Labaoud, Si Ahmed Tounsi, épreuve sur papier salé, 1856, H. 14,6 ; L. 22,4 cm, Inv. 2015.6.32" width="300" height="194" srcset="https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.32-300x194.jpg 300w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.32-185x120.jpg 185w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.32-768x497.jpg 768w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.32.jpg 800w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>Cette représentation idéalisée de la vie en communauté traduit pareillement une volonté de montrer la maîtrise totale du territoire et des populations kabyles, réputées les plus rebelles. En 1856, l’armée vient en effet tout juste de reprendre la main sur la région après la violente intervention, en 1851, du général de Saint-Arnaud à la tête d’une troupe de 8500 soldats. Mais les insurrections perdurent et obligent le général Randon (nouveau gouverneur de l’Algérie depuis 1853) à multiplier les expéditions punitives[2]. Le contexte historique de production de ces images oblige ainsi à questionner les motivations de leur création, et le statut de l’auteur lui-même. Militaire ou civil ?</p>
<p>L’identification du ou des auteur(s) est, à ce titre, une question essentielle. Jacques Antoine Moulin dont on connait les rapports étroits avec la sphère militaire[3], pratique en 1856 la photographie sur collodion humide. Or, les épreuves de Djidjelli ont été réalisées à partir de négatifs sur papier (calotype). L’utilisation de cette technique n’est attestée en Algérie qu’auprès de quelques calotypistes qui démontrent un intérêt particulier pour l’architecture en destruction et le délabrement des ruelles arabes. Parmi ceux-ci, citons John Beasley Greene qui limite son activité à la reproduction de sites archéologiques et paysages de la région de Cherchell et Constantine. Mentionnons également Paul Jeuffrain qui se rend dans la région de Constantine en 1856, année d’exécution du reportage sur Djidjelli. L’ensemble de ses négatifs sont conservés à la Société Française de photographie.</p>
<p>Toutefois, le niveau de technicité des photographes cités dépasse largement celui du ou des auteur(s) du reportage sur le séisme de Djidjelli. En effet, les annotations informatives qui accompagnent chaque épreuve du corpus et le manque de soin du montage n’indiquent pas une production commerciale destinée à l’exposition mais bien un reportage à visée documentaire, ce qui justifie l’hypothèse d’un photographe militaire présent sur le site sur une longue durée.</p>
<p style="text-align: center"><a href="https://collections.musee-armee.fr/files/2017/10/2015.6.12.jpg" target="_blank" rel="attachment wp-att-3190"><img loading="lazy" class="aligncenter wp-image-3190 size-medium" src="https://collections.musee-armee.fr/files/2017/10/2015.6.12-300x228.jpg" alt="Djidjelli (ville ancienne), porte et tour genoise avant le tremblement de terre, épreuve sur papier salé, 1856, H. 15 ; L. 20,7 cm, Inv. 2015.6.4" width="300" height="228" srcset="https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.12-300x228.jpg 300w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.12-158x120.jpg 158w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.12-768x583.jpg 768w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.12.jpg 791w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>La diffusion de la photographie au sein de l’armée française comme outil de documentation scientifique n’est certes attestée (de manière officielle) qu’à partir de 1861, date de publication d’un rapport de Disdéri sur <em>l’</em><em>emploi de la photographie dans l</em><em>’arm</em><em>é</em><em>e</em>[4]. L’initiation des soldats est toutefois documentée bien avant cette date. Déjà en 1856, Moulin est témoin de « plusieurs officiers français qui pratiquent avec zèle et succès les divers procédés photographiques et produisent des œuvres remarquables.[5] ». Un certain Salvy, sous-lieutenant au 25ème de ligne, est souvent cité dans la revue africaine (entre 1856 et 1858) pour la réalisation de photographies de la région de Kabylie.</p>
<blockquote><p>« <em>Nous avons sous les yeux de charmantes photographies faites par monsieur Salvy en grande Kabylie. La plus remarquable est celle d’un monument romain dont les restes se voient à Zeffoun, village kabile des Zekhfaoua, sur le bord de la mer, entre Dellis et Bougie. L’artiste a fait quelques fouilles en cet endroit, et il a découvert le tombeau intact d’une Julia Facunda, dont le squelette était entier… </em>[6] »</p></blockquote>
<p>La présence d’une calligraphie arabe au nom de Belcour laisse supposer une utilisation de la photographie pour la documentation d’un rapport sur le séisme, commandé par le maréchal Vaillant au sous-lieutenant Charles Théodore Belcour, adjoint du bureau arabe de Djidjelli. Par ailleurs, la disparité esthétique des tirages soulève l’hypothèse d’une collection personnelle, peut-être celle du colonel Robert (1810-1858) commandant supérieur du cercle de Djidjelli, chargé des travaux de reconstruction de la ville, et dont le portrait figure dans le corpus[7].</p>
<p style="text-align: center"><a href="https://collections.musee-armee.fr/files/2017/10/2015.6.23.jpg" target="_blank" rel="attachment wp-att-3191"><img loading="lazy" class="aligncenter wp-image-3191 size-medium" src="https://collections.musee-armee.fr/files/2017/10/2015.6.23-195x300.jpg" alt="Djidjelli (l'ancien) Place Napoléon après le tremblement de terre, épreuve sur papier salé, 1856, H. 22,5 ; L. 14,5 cm, Inv. 2015.6.23" width="195" height="300" srcset="https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.23-195x300.jpg 195w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.23-78x120.jpg 78w, https://collections.musee-armee.fr/wp/files/2017/10/2015.6.23.jpg 520w" sizes="(max-width: 195px) 100vw, 195px" /></a></p>
<p>Même s’il n’a pas été possible d’évacuer totalement le flou qui entoure ces images quant à leur origine, la découverte de cette série est précieuse pour l’historien spécialiste de cette période. En effet, encore trop rares sont les reportages photographiques retrouvés intacts sur l’Algérie du Second Empire.</p>
<p>Anissa Yelles<br />
Chargée de récolement, département iconographie</p>
<p>[1] Félix Jacques Antoine Moulin, (1802-1879), <em>L&rsquo;Algérie photographiée : Province d&rsquo;Alger/Province d’Oran/Province de Constantine</em>, 1856-1857<br />
[2] Voir Charles-Robert Ageron, “La politique kabyle sous le Second Empire”, dans : <em>Revue française d&rsquo;histoire d&rsquo;outre-mer</em>, tome 53, n°190-191, premier et deuxième trimestres 1966, p. 69.<br />
[3] Moulin se rend en Algérie en Mars 1856, muni d’une lettre de recommandation du ministre de la guerre, le Maréchal Vaillant.<br />
[4] Rapport adressé à « S.E le Maréchal Ministre de la Guerre par Disdéri / De l’emploi de la Photographie dans l’Armée&#8230; », 19 février 1861. Bibliothèque du Service historique de la Défense, Vincennes<br />
[5] « La photographie en Algérie », dans : <em>La Lumière, </em>28 juin 1856, p. 102.<br />
[6] <em>Revue africaine : journal des travaux de la Société historique algérienne</em>, février 1858, p 251.<br />
[7] «…en peu de temps la nouvelle ville commença à s’édifier ; sous l’active direction du colonel Robert, des rues furent tracées, des maisons s’élevèrent en bordure, des arbres furent plantés et quand revint l’hiver de 1857 à 1858, la population put être logée dans des habitations à peu près confortables… », dans A. Rétout, <em>Histoire de Djidjelli</em>, Alger, J. Carbonnel, 1927, p.108.</p>
<p>Image 1 : Djidjelli : Belkassem (ben Menia ?) bel Labaoud, Si Ahmed Tounsi, épreuve sur papier salé, 1856, H. 14,6 ; L. 22,4 cm, Inv. 2015.6.32<br />
Image 2 : Djidjelli (ville ancienne), porte et tour genoise avant le tremblement de terre, épreuve sur papier salé, 1856, H. 15 ; L. 20,7 cm, Inv. 2015.6.4<br />
Image 3 : Djidjelli (l&rsquo;ancien) Place Napoléon après le tremblement de terre, épreuve sur papier salé, 1856, H. 22,5 ; L. 14,5 cm, Inv. 2015.6.23</p>
<p>Photo © Paris &#8211; Musée de l&rsquo;Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Emilie Cambier et Photo © Paris &#8211; Musée de l&rsquo;Armée.</p><p>The post <a href="https://collections.musee-armee.fr/acquisition-photographies-inedites-de-lalgerie-sous-le-second-empire-seisme-de-djidjelli-1856/">Acquisition : photographies inédites de l’Algérie sous le Second Empire (séisme de Djidjelli, 1856)</a> first appeared on <a href="https://collections.musee-armee.fr">Le blog des collections</a>.</p>]]></content:encoded>
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