18 11 2015

Gravures d’Hartrick prêtées à Antony, pour l’expo « Guerre 14-18. Le travail des femmes »

Parmi les commémorations du centenaire de la Grande Guerre, aucune exposition n’avait spécifiquement traité la question du travail des femmes pendant le conflit. C’est aujourd’hui chose faite grâce à l’exposition Guerre 14-18. Le travail des femmes, organisée par la Maison des Arts d’Antony du 12 novembre 2015 au 3 janvier 2016.

2014.0.23 300x224 Gravures d’Hartrick prêtées à Antony, pour l’expo « Guerre 14 18. Le travail des femmes »

Ce projet s’articule autour d’œuvres de la collection de photographies Roger-Viollet, illustrant le quotidien des femmes à l’arrière. Le Musée de l’Armée participe activement à cet évènement par le prêt de deux clichés issus d’un album de l’Identité Judiciaire témoignant de l’importance primordiale du rôle des infirmières soignant les blessés et d’un cliché de la Section photographique des armées montrant la vie quotidienne des parisiennes pendant la guerre [1]. Le Musée prête également une série de six estampes de l’illustrateur anglais Archibald Standish Hartrick (1864-1950). Tirées d’un album de propagande produit par le gouvernement anglais en 1917, intitulé The Great War: Britain’s Efforts and Ideals [2], elles illustrent comment les femmes exercent allègrement des métiers traditionnellement dévolus aux hommes (conductrice de bus, ouvrière dans une usine de munitions…) pendant le conflit.

15 606001 228x300 Gravures d’Hartrick prêtées à Antony, pour l’expo « Guerre 14 18. Le travail des femmes »

La présentation conjointe de photographies et d’estampes permet de s’interroger sur le rôle de ces dernières pendant la Première Guerre mondiale. En effet, elles ne doivent plus être un témoignage le plus véridique possible d’une réalité – la photographie a pris le relais – mais l’expression de la vision d’un artiste ou dans le cas présent d’un organisme officiel. Ici, Hartrick a été invité à concevoir l’image d’une femme forte qui affronte les épreuves et remplace les hommes. Cette vision conforte l’idée générale selon laquelle la guerre a permis l’émancipation de la femme, qui, en remplaçant les hommes absents, s’est intégrée dans l’espace public auparavant fermé. Cependant cette idée un peu simpliste doit nécessairement être nuancée, ce que permettra la présentation aux côtés des estampes de photographies témoignant de la brutalité d’un quotidien difficile pour tous mais particulièrement pour les femmes, seules chargées de faire vivre leur famille. Ce motif des femmes au travail a connu une certaine diffusion pendant la guerre et a peut-être préparé l’opinion publique à l’octroi, dès 1918 en Grande-Bretagne, du droit de vote aux femmes de plus de trente ans.
Entre vision rêvée et réalité, la diversité des points de vue adoptés dans l’exposition permettra au spectateur de découvrir le plus largement possible ce sujet encore mal connu.

Hélène Boudou-Reuzé, assistante de conservation au Cabinet des dessins, des estampes et de la photographie

[1] Inv. 30888-266, 30888-267 et 2014.0.23.
[2] Inv. 544-9 C1

Crédits photos :
Photo 1 : © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-GP / Anne-Sylvaine Marre-Noël
Photo 2 : © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-GP / Pascal Segrette – Droits réservés