04 02 2015

Un fusil prototype dans les collections du musée de l’Armée : le FA.MAS T62

Le FA.MAS T62 : Fusil Automatique, Manufacture d’armes de Saint-Étienne, Type 62

Calibre : 7,62mm Munition : 7,62mm Mle1954 (7,62×51) Longueur totale : 1,040m Poids : 4,5kg Capacité du chargeur : 20 cartouches Cadence de tir théorique : 600 c/mn

FA.MAS T62 photo 1 allegee rognee 428x120 Un fusil prototype dans les collections du musée de l’Armée : le FA.MAS T62

Le fusil d’assaut est la réalisation d’un rêve d’état-major : doter chaque combattant de la puissance de feu de la mitrailleuse légère avec le simple poids d’un fusil, c’est-à-dire disposer d’une arme individuelle de grande diffusion unissant les qualités du fusil et celles de la mitrailleuse. Le défi technologique était de taille : comment concilier les propriétés de stabilité d’une mitrailleuse de 25 kg avec la légèreté d’une arme de 4 kg (soit une masse 6 fois moindre) ? Toutes les manufactures d’armes, à Saint-Étienne, Châtellerault et Tulle, ainsi que l’atelier de Fabrication de Mulhouse, y ont travaillé et ont proposé des prototypes.

Ce prototype, fabriqué à une soixantaine d’exemplaires par la manufacture d’armes de Saint-Étienne, est l’aboutissement de dix ans de recherche en matière de fusils d’assaut. Une décision du 10 juillet 1962, signé par le chef d’État-major de l’armée de Terre, l’homologue sous le nom FA.MAS T62. Ce fusil automatique est testé en corps de troupe pour être comparé au FAL (Fusil Automatique Léger) de la Fabrique Nationale d’Armes de Guerre de Herstal (Belgique).

À partir de novembre 1962, les essais sont confiés aux unités suivantes : – le 126e régiment d’infanterie à Brive, – le 110e régiment d’infanterie mécanisée à Besançon, – le 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine à Nancy, – l’École spéciale militaire de Saint Cyr-Coëtquidan, – et le Centre de formation des instructeurs de tir de Montauban.

FA.MAS T62 photo 2 allegee 300x222 Un fusil prototype dans les collections du musée de l’Armée : le FA.MAS T62

Même si le FA.MAS T62 est techniquement au point, le FAL est jugé plus pratique et donne de meilleurs résultats en termes de précision, fonctionnement et maniabilité.

Il a aussi été envisagé d’adopter le fusil G3 allemand estimé plus économique, mais celui-ci est resté à l’étape d’expérimentation dans les établissements techniques et n’a jamais été mis à l’essai dans les corps de troupe. Il faut dire qu’il est difficile à cette époque, encore proche de la Seconde Guerre mondiale, de retenir un modèle allemand.

En mars 1963, le choix de l’État-major se porte donc sur le FAL déjà fabriqué en série depuis une dizaine d’années. Mais les responsables politiques ne sont pas favorables à l’acquisition d’une arme étrangère et d’autres grands projets concernant la Défense nationale monopolisent la plupart des budgets. Ainsi se termine la carrière du FA.MAS T62 et des essais avec la munition de 7,62mm.

Il faut attendre 1969 et 1975, pour que des recherches soient menées sur des armes de très petit calibre à haute vitesse initiale. Elles aboutissent au fusil d’assaut français de petit calibre 5,56mm : le FA.MAS.

Jean-Marie VAN HOVE Expert en armement